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Version Intégrale de l'ITW Clark magazine

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GUTS ITW :

1. Hello Guts, pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore, peux-tu revenir un peu sur tes débuts et ton parcours stp ?


Au début en 88, ça a été la faute à Radio 7 et DJ Deenasty. En 89, Dj Cash Money, Mantronix et plus tard Public Enemy participent aux soirées de Radio Nova " Chez Roger, boîte Funk", au Globo.  De suite, je me prends des tartes de Hip Hop dans la gueule et me mets à fond aux platines. En plus de ma passion pour la musique, j'e découvre dans le HipHop aussi bien un mouvement culturel qu'une communauté.
Je pars trés vite à NY et là, je vous en dit pas plus, il me faudrait trois autres pages rien que pour cette aventure...
De retour à Paris, je rencontre Romu, beatmaker sur SP12 du collectif IZB, qui me présente Moussaï et Kamel.Tous ensemble, on forme Alliance Ethnik. Aprés le décès de Moussaï et le départ de Romu, Crazy-B intégre le groupe, puis Faster Jay et enfin Médar. S'en suivent 10 ans de folie! En 2000, le groupe se sépare en trés bon terme, dommage pour les langues de pute .. Je collabore alors avec différents artistes tels que Big Red, Svinkels , Sage Po, Passi, Rieurs, ect ...
En 2007, je fuis Sarko-Land pour Eivissa et signe mon premier album solo, " Guts Le Bienheureux " chez Wax On records, label de Nightmares On Wax. L'album reçoit de très bon feedback en Allemagne et en Australie, avec environ  10 000 exemplaires vendus.
En 2009, je crée Pura Vida et l'album " Freedom ".

2. En terme musical, mais aussi artistique, quels ont été tes premières influences, tes premiers grands kiffs et qu'en est-il aujourd'hui ?

Quand j'avais des bonnes notes à l'école, ma mère me volait un 45 tour tous les samedis au supermarché. J'ai donc bien travaillé à l'école et j'ai eu des purs 45 tours de funk, de reggae, de soul et de variété française. 
Plus tard, avec la découverte du hip hop electro sur Radio 7 et par la suite sur Radio Nova, les notes sont devenues moins bonnes... j'allais donc  les voler moi-même à la fnac! Au fil des années, ma mère a totalisé un sans faute, tandis que moi, j'ai fini par me faire griller ..
( Petite pensée en parallèle...je me dis qu'avant, on était une minorité à voler des vinyles, maintenant on est une majorité à voler du MP3....mais, bon, comme c'est virtuel et c'est de la merde, cela ne me dérange pas vraiment.Ce qui me dérange, c'est l'idée de vendre du MP3. )
Mes premiers grands kiffs ont  évidemment été Bob Marley, MJ, James Brown, Prince, Police, Queen et Stevie Wonder. Thanks Mom! ...Je suis partie sur des bonnes bases. Aprés, pendant la golden Age du Hip Hop, de 89 à 95, j'ai vécu une vraie explosion de créativité et d'énergie!  Pete Rock, Gang Starr, PE, DJ Shadow, Beastie Boys, NTM & IAM entre autres m'ont vraiment régalé! En ce moment, ce sont toujours les artistes d'hier qui m'inspirent,  mais il y a aujourd'hui des artistes underground que j'apprécie comme Duffstep, Larry Gus, Outlines, Daedelus, Fulgeance, Aesop Rock, Quantic, General Elektriks, Kidkanevil, Harmonic 313...et d'autres artistes qui m'épatent comme Diam's ,Maitre Gim's , Benjamin Biolay et Naive New Beaters.

3. Qu'a-tu retenu de tes années (en bien et en mal) avec Alliance Ethnik, que t'en restes-t'il aujourd'hui ?

Un privilège de fou pendant 10 ans, une chance inouïe d'avoir enregistré dans les meilleurs studio de NY et de Paris avec les meilleurs ingénieurs, des pures collaborations avec des artistes de NY, un D.A brillant, un label solide et enfin des concerts inoubliables...Pour les quelques pauvres mauvais souvenirs, ça prend de la place pour rien.
Ce qui me reste de ces années, c'est le beatdigger que je suis devenu maintenant. J'ai connu le total analogique, l'analogique accouplé au digital et le total digital. Aprés 20 ans d'expérience,j'en reviens à la première configuration. Le son, aujourd'hui, c'est une vrai supercherie. Je viens de choper l'album vinyl de Hudson Mohawke et j'ai l'impression d'écouter un CD ..Le pire, c'est le dernier album vinyl de MF.Doom,  j'ai l'impression d'écouter du MP3 de merde...

4.Tu vis aujourd'hui à Ibiza, tu as monté ton propre label, Pura Vida. Comment ça s'est passé et que peux-tu nous dire sur cette nouvelle aventure ?

J'ai décidé de gagner moins et de vivre mieux en m'exilant. Les labels indés ne font plus leurs taffs et ne payent plus leurs artistes. Alors j'ai décidé de créer un pseudo-label afin de sortir mes propres projets. J'ai tout fait en auto-prod de Eivissa, pas toujours la Pura Vida car il m'a fallu beaucoup d'énergie pour la logistique, l'administratif, la fabrication, la communication, la promotion,  la distribution, la  vente sur internet, etc ... Vaitea, la MC & DJ de Pura Vida, m'a filé un bon coup de main au niveau de la logistique et de la communication et Mambo a été ultra créatif et productif au niveau visuel. 
Au final, ça fait moins de temps pour la music mais maintenant, je connais tout le circuit .. Pour l'anecdote, Mambo et moi sommes venu sur Paris au mois de juin dernier avec deux Fisher Price Cassette destinés à vous et radio Nova dans l'optique d'un partenariat. Vous avez écouté la cassette de " Freedom " , découvert l'univers graphique de Mambo  et vous avez joué le jeu du soutien...c'était donc de bonne augure aprés cette écoute Vintage .

5. "Freedom" vient de sortir, un vrai bijou musical aussi bien qu'artistique : à la manière dont tu as pu le faire au shop Adidas Originals, parles-nous un peu plus de cet album, des titres, de la manière dont tu l'as réalisé, dont tu as eu l'inspiration, de ta vibe et du sens profond (voir du message) derrière "Freedom" ?

Freedom , c'est ce parfum de liberté qui règne ici. Il y a toutes sortes de communautés qui vivent en paix:  Philippine, Marocaine, Anglaise,  Sénégalaise, Allemande , Hollandaise, Colombienne, Brésilienne, Equatorienne, etc ..Tu peux porter ce que tu veux sur la tête, si tu vois ce que je veux dire... Tu peux laisser traîner ton fils , il n'y a pas de souci d'insécurité,  personne crève de faim, il y a une vraie politique pour protéger l'économie locale, pas de grandes enseignes ici et on commence enfin une politique écologique.  Pour info et pour un beatmaker bipolaire comme moi, faire pousser sa weed et pouvoir la fumer tranquillement, ç'est aussi ma petite liberté à moi...mais le grand paradoxe de Freedom, c'est que les Iraniens et les Tibétains se battent pour la liberté et nous, nous sommes esclaves de notre carte bleue. Le peuple est exploité  dans les deux cas et les nouveaux révolutionnaires viennent du capitalisme, cela me rend fou. Le globalisme et le nouvel ordre mondial sont vraiment le pire qui puisse nous arriver .
Pour cet album de Beatdigger j'ai voulu réaliser un album réfléchi avec du sens, quelque chose de deep et coloré, ce qui est plutot rare dans le genre, un vrai album bipolaire. A' défaut de ne pas rapper ou chanter, j'ai décidé de faire parler les samples. Chaque titre a un message ou une histoire musicale. Le tout masterisé par cette légende de John Dent qui a travaillé, entre autres, avec  Bob Marley à l'époque. Cela donne à " Freedom " une couleur intemporelle sur vinyle! Comme les gens n'écoutent plus les albums en entier, encore moins du vinyle et ne comprennent rien au sens profond de " Freedom " , ce n'est pas encore gagné ....

6. Parles-nous de ta rencontre avec Mambo et de la manière dont vous avez collaboré sur ce projet ?

Je lui ai proposé de venir à Eivissa faire un tour de bike avec Vaitea. C'était un coup monté pour créer " Pura Vida ". Il a écouté l'album sans parler et  sans parasiter l'écoute, ça force le respect ... L'idée était de faire un projet Art & Music. Créer un univers graphique, un package Vinyl+CD ( le fameux et trés recherché " take a look around you " remixé par Outlines ) un vrai logo et un maximum de Liberté pour le double album vinyle!

7. Quels sont tes projets sinon ?

Apprendre à bien trier mes ordures car ce n'est pas si facile et éradiquer les sacs plastiques de l'île Eivissa.... ya du taff et je suis sérieux .. Préparer un vrai Live Show pour le Pura Vida Tour en Europe au mois de mars / avril ( une surprise de dingue pour la date à Paris )

8. Last words ? dédicaces ?

ça c'est ma question préférée , question spontanée , réponse idem ...... Je dirais aux lecteurs de venir sur mon myspace écouter certains titres de l'album www.myspace.com/gutslebienheureux   et si ça te plaît, viens sur mon site www.analoglife.fr acheter le CD 5€ et surtout le vinyle , même si tu n'as pas de platine , il y a un CD inclus et il est trop beau ! big up à tout mes potes fétichistes !

Pura Vida à Pier Cardin, Sebombadil , Grand Skarabé , Agence Tous Risques, Rico et Isabelle de chez Adidas Originals, Radio Nova et toi ! Et enfin Big Hugs à mes deux Pura Partners Mambo & Vaitea !

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Guts Interview Clarke Magazine

Publié le 16/01/2010

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MAMBO ITW :

1. Hello Mambo, pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore, peux-tu revenir un peu sur tes débuts et ton parcours stp ?


Tout a commencé en 1985 pour moi, lorsqu'un pote ex-punk, débarquant de Londres m'a montré ce que l'on pouvait faire avec une bombe. à l'époque j'écoutais du jazz new orleans et je kiffais aussi la culture pop: kid creole, joe jackson, b52's, mondino, goude, farid chopel, les pubs spontex, photo revue... ensuite j'ai rencontré asphalt et monkey finger, je suis entré ds la force alphabétick et j'ai découvert le hip hop et surtout subway art. on a tout de suite pensé qu'il fallait donner une version parisienne du graff et non imiter les ricains. de là, j'ai évolué à la fois dans le graff, dans l'atelier et en réalisant des murs peints. j'ai fait un passage dans un studio de dessin animé et été assistant de sol le witt aussi. en 1998, je rejoins le collectif 9eme concept et on créé les expos Sang9, Welcome on board, le labyrinthe et peinture fraiche au centre pompidou en 2008. en 2002 je rejoins l'équipe de groland sur canal pour m'occuper du graphisme et du décor plateau.

2. Comment as-tu rencontré Guts et comment as-tu abordé le projet quand il t'en a parlé ?

Il y a un peu plus d'un an, c'est lui qui a eu la bonne idée de m'appeler, j'ai tout de suite été séduit par sa façon de voir les choses mais j'ai quand même d'abord écouté sa musique, et puis ensuite j'ai dit un grand OUI. on a beaucoup de choses en commun et les choses se font naturellement car on se fait confiance et que l'on a tous les deux de l'expérience. c'est une super rencontre et je pense que nous ne sommes qu'au début de ce que l'on peut faire ensemble.

3. Parles-nous de tes créations autour de "Freedom", ton inspiration, ta manière de travailler et le rendu final, je crois savoir que c'est un travail très important pour toi et assez spécifique dans ta carrière ?

Les dessins de base pour la créa de l'album sont une série de personnages dessinés à la plume et encre rouge. c'est un travail plutot récent et qui me plait car il me permet de faire passer beaucoup d'idées en variant juste quelques détails. ce sont à la fois des écorchés, des tatoués, des sculptures en bois, des empreintes digitales... la série s'appelle "les émotifs" (l'émotion par le motif) pour l'album je les ai adaptés dans un univers coloré propre à guts.

4. Quels sont tes autres activités et bien sûr, tes projets ?

des expos: à la galerie willem speerstra en avril et en suisse, à l'arrière boutique à paris en mai, plus d'autres en préparation, et puis groland toujours! globalement, ce que j'aime c'est peindre des grand formats, mur ou toile, et puis voyager.

5. Last words ? dédicaces ?

plus les années passent et plus on apprécie d'être soutenu: je remercie donc ma femme et 9ème concept, groland, kitchen 93 et agnès b. pour leur soutient inconditionnel depuis qu'ils m'ont rencontré. ça compte énormément pour pouvoir évoluer.

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Guts Interview Clarke Magazine

Publié le 16/01/2010